C’est une évidence que peu veulent regarder en face : les conditions de travail des élèves sont indissociables de celles des enseignants. Si les premiers sont en crise, les seconds le sont tout autant – parfois même davantage, car ils en subissent les conséquences directes, sans les moyens pour y faire face, en plus de leurs vicissitudes de vie d’adulte.
L’enquête Talis 2024 de l’OCDE publiée dans 20 Minutes dresse un tableau clair : en France, seuls 4 % des enseignants estiment leur métier valorisé (contre 20 % en moyenne OCDE), et leur niveau de satisfaction est en baisse. Les salaires stagnent, les problèmes de discipline explosent (18 % du temps de classe y est consacré), et l’hétérogénéité croît fortement : en six ans, les écoles accueillant plus de 10 % d’élèves à besoins particuliers sont passées de 42 % à 74 %. Le stress monte, la reconnaissance s’effondre, et seuls 9 % des profs ont été formés à l’IA, alors qu’elle bouleverse déjà les pratiques.
Dans un tel contexte, comment s’étonner que l’école craque ?
Les parents qui sont de plus en plus nombreux à se soucier des conditions d’apprentissage de leur enfant doivent prendre conscience que ces dernières sont aussi les conditions de travail des professeurs.



