par Marc | Oct 30, 2025 | Blog
L’hebdomadaire The Economist observe un changement démographique mondial inédit : la préférence traditionnelle pour les garçons s’inverse au profit des filles.
Autrefois valorisés pour perpétuer le nom, les biens ou le pouvoir, les garçons perdaient peu à peu leur statut privilégié. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions historiquement patriarcales comme la Chine, l’Inde ou le Mexique, des parents expriment une préférence croissante pour les filles, allant jusqu’à modifier leurs choix de fécondation.
Ce revirement s’explique par des facteurs sociétaux et économiques : les filles réussissent mieux à l’école, sont plus autonomes, plus présentes auprès de leurs parents âgés et perçues comme moins exposées aux risques sociaux.
Aux États-Unis, une étude de l’université de Cornell révèle que des couples s’arrêtent à un enfant lorsque celui-ci est une fille, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ce phénomène se répand aussi en Scandinavie, au Portugal, en Lituanie ou encore aux Pays-Bas, même si la France ne dispose pas encore de données probantes.
Cette mutation n’est pas perçue comme une mode, mais comme un choix rationnel : avoir une fille est désormais considéré comme plus avantageux et plus sécurisant à long terme, transformant profondément les mentalités.
par Marc | Oct 30, 2025 | Blog
Le bilinguisme peut jouer un rôle clé dès les premières années d’école. À ce stade, où l’enfant apprend à structurer le langage dans un cadre collectif, le fait de maîtriser une autre langue devient un véritable atout. Pourquoi ? Parce qu’apprendre une langue, ce n’est pas simplement empiler du vocabulaire. C’est développer une oreille fine, capable de capter et de discriminer des sons, et une bouche capable de les reproduire – même lorsqu’ils sortent du spectre habituel de la langue scolaire.
Autrement dit, un enfant bilingue entre en classe avec un avantage invisible mais réel : il a déjà exercé ses capacités d’écoute et d’expression sur plusieurs fréquences sonores.
Cela lui donne une longueur d’avance, non seulement sur le plan linguistique, mais aussi sur le plan psychologique. Il sait déjà quelque chose que les autres ne savent pas encore. Et cette avance, aussi minime soit-elle en apparence, peut avoir un effet puissant dans les premières années : celui de la confiance en soi. Et cette confiance, quand elle s’installe tôt, peut littéralement changer une trajectoire.
Cela dit, tout n’est pas si simple. Un article récent de Psycholgy Today rappelle avec justesse que les effets cognitifs du bilinguisme – flexibilité mentale, attention, adaptation – varient énormément selon les contextes.
Contrairement à une idée reçue, les preuves scientifiques sur les bénéfices universels du bilinguisme restent mitigées,
en particulier en ce qui concerne la mémoire de travail. L’article met aussi en lumière une autre dimension, souvent passée sous silence : la charge émotionnelle et identitaire que peut représenter le fait de grandir avec deux langues. Certains enfants traduisent pour leur famille, parfois très tôt. Cela peut être une source de fierté, mais aussi un poids, une inversion des rôles qui n’est pas toujours facile à porter.
par Marc | Oct 30, 2025 | Blog
C’est une évidence que peu veulent regarder en face : les conditions de travail des élèves sont indissociables de celles des enseignants. Si les premiers sont en crise, les seconds le sont tout autant – parfois même davantage, car ils en subissent les conséquences directes, sans les moyens pour y faire face, en plus de leurs vicissitudes de vie d’adulte.
L’enquête Talis 2024 de l’OCDE publiée dans 20 Minutes dresse un tableau clair : en France, seuls 4 % des enseignants estiment leur métier valorisé (contre 20 % en moyenne OCDE), et leur niveau de satisfaction est en baisse. Les salaires stagnent, les problèmes de discipline explosent (18 % du temps de classe y est consacré), et l’hétérogénéité croît fortement : en six ans, les écoles accueillant plus de 10 % d’élèves à besoins particuliers sont passées de 42 % à 74 %. Le stress monte, la reconnaissance s’effondre, et seuls 9 % des profs ont été formés à l’IA, alors qu’elle bouleverse déjà les pratiques.
Dans un tel contexte, comment s’étonner que l’école craque ?
Les parents qui sont de plus en plus nombreux à se soucier des conditions d’apprentissage de leur enfant doivent prendre conscience que ces dernières sont aussi les conditions de travail des professeurs.
par Marc | Oct 30, 2025 | Blog
En tant qu’enseignant, j’ai longtemps pensé que l’intelligence artificielle allait favoriser une forme de paresse intellectuelle.
Et c’est exactement ce que je constate chez bon nombre de collégiens et lycéens lorsqu’il s’agit de faire leurs devoirs.
Mais l’IA ne se résume pas à cela. L’auteure de cet article rappelle que l’IA peut aussi devenir un réel levier pédagogique :
- différenciation des parcours,
- accessibilité renforcée,
- guidage personnalisé en temps réel.
Les promesses de l’IA sont bien là. Le risque, en revanche, c’est de pousser trop loin la délégation cognitive : faire résumer, rédiger, résoudre à la place de l’élève et que ce dernier ne développe pas ses faculté cognitive (lecture, analyse, synthèse, logique, critique, culture etc…) comme il se devrait par rapport à sa classe d’âge
Plutôt que de tomber dans l’opposition stérile entre tout interdire ou tout autoriser, elle appelle à imaginer des usages responsables, où enseignants et élèves gardent une vraie maîtrise de l’outil. Son modèle propose d’ailleurs six niveaux d’engagement avec l’IA, pour penser des pratiques pédagogiques qui forment sans déresponsabiliser (voir le lien pour en savoir plus).
par Marc | Oct 30, 2025 | Blog
Après des années à apprendre puis à enseigner, une évidence s’impose pour moi : j’apprends toujours mieux en écrivant.
Au-delà du plaisir, le geste d’écriture est un véritable pilier de l’apprentissage que les claviers ne remplacent pas.
L’article que je cite va dans ce sens : pour mieux retenir, il faut alterner écriture manuscrite, vraies pauses et sommeil.
- D’abord, parce que l’écriture à la main mobilise un réseau cérébral plus large que la dactylographie et sollicite activement la mémoire de travail.
- Ensuite, des pauses sans écrans consolident les acquisitions.
- Enfin, le sommeil joue un rôle décisif : ondes lentes, thêta et fuseaux favorisent le transfert hippocampe-cortex et le renforcement synaptique.
En bref : écrire à la main, s’arrêter vraiment, puis dormir suffisamment — ce triptyque ancre durablement l’apprentissage.